L’écoute, condition première d’échanges constructifs et sincères

Vous êtes-vous déjà rendu compte que vous étiez d’accord après plusieurs minutes d’échanges ? Combien de conversations d’égo qui ne mènent à rien ? Vous êtes-vous déjà senti ignoré, pas écouté ? Dans cette cacophonie d’échanges incessants et où la communication est capitale dans la réussite d’un projet, l’écoute est malheureusement sabotée partout, tout le temps.

Voici les trois premières actions pour améliorer votre écoute, la plus sous-estimée des techniques de communication :

1. Taisez-vous et…

Écoutez d’abord. Ça paraît évident mais c’est véritablement là le plus grand défi de l’écoute.

Ne pas couper l’autre. Lui laisser le temps de parler, d’aller au bout de ses idées. Le laisser s’exprimer, le temps de terminer. Vraiment. Jusqu’au bout.

Et c’est loin d’être facile ! Votre égo voudra intervenir, le petit singe qui s’agite dans votre cerveau veut réagir tout de suite : “nooon je ne suis pas du tout d’accord !”, “rah, n’importe quoi !”, “mais ouiii carrément !”.

Pour améliorer votre communication, il vous faut vous taire, accepter que vous n’avez pas le bâton de parole. Il ne s’agit pas d’être d’accord ou pas, il s’agit de résister au débat, de respecter les propos de votre interlocuteur. Accueillez sans jugement son avis, ses différences, son argumentation.

Truc en plus numéro 1 : prenez des notes, ça pourrait vous servir pour relancer, plus tard.

2. Écoutez activement

Quoi, encore ? Eh oui car pour écouter, il faut être actif, présent mentalement autant que physiquement. Observer attentivement celui qui parle (et aussi ceux qui écoutent comme on l’a vu pendant la mêlée), se concentrer sur ce qui est dit, regarder dans les yeux (sans gêner toutefois), donner des petits signes de présence, du feedback silencieux, des hochements de tête, des clignements des yeux.

D’ailleurs, ça marche aussi avec une équipe distribuée ou au téléphone : le feedback deviendra alors murmuré (les “mmh”).

Évidemment, il faut absolument vous déconnecter de toutes les distractions environnantes (téléphone, ordinateur (fermez-les), notifications (désactivez-les TOUTES), écrans, tout mouvement autour). Dans notre société du bruit permanent, ce n’est pas une mince affaire.

En ce moment, je te donne 100 % de mon attention. Mon unique activité est de t’écouter.

Profitez-en pour respirer, ça va vous occuper et vous permettre de mieux gérer vos émotions (toujours le singe qui sautille dans un coin !). La posture joue aussi : traduit-elle une ouverture ?

Truc en plus numéro 2 : lors des interviews télévisées, observez les réactions des journalistes. Ces derniers sont des experts de l’écoute et une grande partie de leur talent réside dans le fait de faire parler leur vis-à-vis.

Enfin, laissez encore un dernier blanc. Pour voir s’il n’y a pas quelque chose à ajouter. Je reste toujours agréablement surpris des relances nées de ce petit moment de silence.

3. Intéressez-vous sincèrement

Ça y est, c’est votre tour de parler, “enfiiiiiiiiiiiin !”

Et pourtant, il ne s’agit pas de répondre mais en premier lieu d’être certain d’avoir bien compris. Basé sur vos notes, n’y aurait-il pas des points à éclaircir ?

Demandez des précisions, ouvrez la discussion pour creuser l’avis et les connaissances de l’autre. Reformulez pour être sûr que le message émis est bien celui que vous avez reçu.

Posez des questions ouvertes (et vraiment ouvertes !), dans le but de mieux comprendre votre prochain et pas de le juger ou le coincer. N’hésitez pas à poser et reposer la même question (les fameux 5 pourquoi !).

C’est alors le temps des grandes découvertes : vous serez surpris des histoires que vous récolterez, des cadeaux que font ceux qui se sentent respectés et écoutés.


L’écoute, condition première

Un cycle d’écoute prend du temps et de l’énergie. Finalement, la clé, c’est de s’intéresser. Peu importe votre position, manager ou managé, vous gagnerez énormément à vous taire plutôt que de parler. C’est d’autant plus important dans un environnement agile : sans une bonne réception du feedback, les opportunités d’amélioration sont de fait limitées.

Débattre d’un sujet vient ensuite, une bonne gestion des conversations difficiles et de l’empathie aideront à construire la confiance et avec le temps, vous amèneront à des échanges plus constructifs et sincères.

S’il ne fallait retenir qu’une chose (à appliquer dès demain) : demandez-vous si vous avez trop parlé en sortant d’une rencontre. Si oui, essayez de capturer le singe la prochaine fois !

Pour aller plus loin, je vous recommande chaudement cet extraordinaire TED que j’ai eu la chance de voir en direct. Guillaume Dulude y explique comment de longues phases d’écoute permettent de créer du lien :

Que pensez-vous de ces points ? En ajouteriez-vous un… ou même plusieurs ?

Comment écoutez-vous ?

N’hésitez pas à liker, partager et commenter et même m’invectiver directement sur Twitter, je serais très heureux de lire vos retours et de vous répondre.

Merci !

2 réflexions sur « L’écoute, condition première d’échanges constructifs et sincères »

  1. « Enfin, laissez encore un dernier blanc. » – Je n’avais jamais pensé vraiment me le rappeler, mais c’est un excellent point. On pense toujours attaquer et répliquer dès que l’autre a terminé, mais c’est un problème récurrent. Très bon point!

    Excellent article Léo, je crois ton exemple avec un journaliste est le plus bel exemple que l’on peut donner avec ça, je n’y avais pas pensé!

    1. Merci David ! 🙂

      Il est difficile à tenir ce blanc, mais quand il est contrôlé ça peut amener à de sacrées surprises. Généralement tu sens que l’autre en a encore sous le coude, et le blanc lui sert de porte ouverte pour relancer plus profondément le propos.

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