Une mêlée réussie en 5 temps

La mêlée, aussi appelée daily scrum meeting ou stand-up meeting, est la plus importante des cérémonies agiles. Rituel quotidien et indicateur de santé de votre équipe qui lance la journée, son impact est considérable. C’est un moment privilégié auquel le scrum master doit être particulièrement préparé.

Voici donc cinq étapes pour profiter pleinement de la mêlée :

1. La préparation

Prêtez attention aux visages en arrivant : sont-ils réveillés, énervés, excités ? Comment sentez-vous le monde ce matin ?

Lorsque vous serrez les mains (en France par exemple) ou dites bonjour (au Canada), comment ressentez-vous l’autre ? C’est l’occasion de sourire, de transmettre de l’énergie et de créer un premier contact positif.

Révisez le sprint backlog pour vous remémorer les tâches en cours et à faire ainsi que le sprint burndown chart. Si ces derniers sont publics et visibles par tous (sur un mur par exemple), cette vérification ne prendra qu’un instant.

2. Et c’est parti !

L’heure a sonné : rassemblez les troupes debouts autour du totem, à côté du war wall ou dans la salle prévue à cet effet.

Il est possible que tout le monde ne soit pas à l’heure… Pour ma part je ne suis pas adepte de la méthode stricte qui veut qu’on se réunisse pile à 09h13, “et pas 09h14 sinon tu fais dix pompes !”.

Ayant testé différentes manières de rassembler les gens, j’en suis venu à la conclusion qu’à la fin c’est de toute façon l’équipe qui décide. C’est à vous de sentir votre groupe et de le laisser décider. Cependant, cela ne vous empêche pas de l’influencer : proposez plusieurs idées et statuez ensemble.

La mêlée, c’est sacré.

En tant que scrum master, votre niveau d’attention est au maximum : regarder les réactions des autres lorsque quelqu’un parle, l’attitude de chacun (concentré, ailleurs, “besoin d’un café”), les connexions entre les participants, les détails de ce qui se dit (est-ce que ça correspond bien au sprint backlog ?), les perturbations extérieures, etc. N’en loupez pas une miette !

3. Mélanger le fun et le sérieux

“Les individus et leurs interactions plus que les processus et les outils” clame le manifeste. Justement, le scrum meeting est le moment idéal d’appliquer ce principe fondamental qui constitue pour moi le cœur de l’agilité. Laissez aller les sujets personnels au début : vous construisez une équipe, c’est bon de mieux vous connaître ! (attention tout de même aux différences culturelles et sensibilités, ne forcez rien)

Ça va bien ?

Créez du lien, raccrochez-vous aux sujets populaires du moment (le film en tête d’affiche, le sport local), lancez un cri de guerre ou une balle, proposez des jeux, teasez, faites des blagues… Bref : amusez-vous. C’est un moment dont il faut profiter, sur certains projets vous ne vous parlerez plus de la journée.

Aussi et surtout, la mêlée n’est PAS une succession de statuts de travail. C’est un échange entre humains qui ont été réunis pour faire avancer un projet, autant en profiter pour se découvrir et « profiter du voyage » !

Vous êtes des professionnels qui livrez de l’applicatif de qualité, vient donc ensuite le temps de retrouver votre sérieux. Les 3 questions suivantes dicteront le rythme des échanges :

  1. Qu’ai-je terminé depuis la dernière fois ?
  2. Qu’est-ce que je pense terminer d’ici la prochaine ?
  3. Quels obstacles me font face ?

Challengez chaque élément qui ne vous semble pas clair, si ça déborde sur du technique proposez d’en discuter à part (fournissez un cadre défini = une heure précise + un lieu). Revenez sur les tâches dont vous parliez la veille : vous devez montrer que vous êtes en contrôle et que non, on ne vous la fera pas à répéter que “ça avance” sans préciser ce qui a avancé.

Rendez chacun responsable de son propre engagement en faisant un suivi rigoureux de ce qui se dit.

Truc en plus numéro 1 : on ne s’adresse pas juste au scrum master ou au product owner, mais bien à l’ensemble des participants.

4. Lancer la journée

Lorsqu’on a fait le tour de tout le monde, une ultime relance du type “quelque chose à ajouter, préciser ?” fait des miracles. Laissez même un blanc pour les plus timides. Certains n’oseront pas dire devant tout le monde qu’ils ont besoin de précisions, captez les réactions et allez en parler en tête-à-tête plus tard.

Un bon stand-up synchronise le groupe sur l’objectif, chacun sachant quoi faire et se sentant porté par l’énergie des autres. Quel est le dynamisme à la sortie ? Votre mêlée tombe-t-elle à plat ? Sentez-vous le monde plus déterminé ?

Mieux vaut un scrum vivant, même en retard, plutôt qu’une longue succession de statuts sans âme qui commence pile à l’heure.

Le combo merci + bonne journée + sourire n’est pas à sous-estimer. Ce n’est pas parce qu’on est payés pour faire quelque chose qu’on appréciera pas un remerciement, un encouragement.

Terminer par un cri de guerre, un high five, un check de café… n’importe quoi (inventé par le groupe) pour s’encourager à l’aube de cette nouvelle journée de travail. Pourvu que ça soit drôle ! (si c’est ridicule, c’est encore mieux)

Truc en plus numéro 2 : n’oubliez pas de faire un rappel que vous êtes là pour aider et qu’il ne faut pas hésiter à vous déranger. Dit et répété (et accompagné d’actions réelles), vous gagnerez petit à petit en considération.

5. Les suivis

Comme pour n’importe quel meeting, un suivi rigoureux doit lui succéder. Le daily stand-up ne fait pas exception.

En temps normal vous vous serez engagé sur au moins une tâche liée aux obstacles en cours : faites-la IMMÉDIATEMENT. C’est une belle opportunité de montrer que vous contribuez à l’effort collectif ! Pour cela, réservez-vous une demi-heure sans réunion juste après.

Repassez dans les rangs dans la journée, relancez avec des questions ouvertes pour savoir si tout va bien, captez le small talk. N’abandonnez pas vos collègues jusqu’au lendemain !


Une mêlée réussie

Bien préparée, l’équipe échangera avec enthousiasme et professionnalisme. La journée sera bien partie et des suivis minutieux écarteront tout blocage.

S’il ne fallait retenir qu’une chose (à appliquer dès demain) : portez particulièrement attention à ceux qui écoutent, pas juste à ceux qui s’expriment.

Bref, ne faites pas comme Chet :

Que pensez-vous de ces points ? En ajouteriez-vous un… ou même plusieurs ?

Comment s’organisent les vôtres ?

N’hésitez pas à liker, partager et commenter et même m’invectiver directement sur Twitter, je serais très heureux de lire votre feedback et de vous répondre.

Merci !

6 réflexions sur « Une mêlée réussie en 5 temps »

  1. Bon article et assez vrai. Je vais le transmettre à quelques personnes. Ca permettra d’apporter un peu de fraîcheur à nos mêlées 🙂

  2. Intéressant de découvrir des méthodes de travail différentes, je dois dire que je ne connaissais pas la méthode scrum. Ceci étant la plupart de ces conseils me semblent très utiles, voire essentiels pour tous les managers opérationnels ou Chef de projet.
    Néanmoins, suivant les contextes et les environnements de travail, je trouve que la méthode sera plus difficile à appliquer.
    Par exemple, pour mon cas personnel, je m’attache au respect des horaires même pour une réunion, sans toutefois jouer les tyrans. Une simple remarque devant l’ensemble des collègues permet de marquer les esprits et en guise de punition le malheureux retardataire ramènera les bonbons ou les croissants le lendemain ou lors de la prochaine réunion.

    1. Merci pour ton commentaire Benjamin !

      Bien d’accord avec toi qu’être à l’heure est important. Dans Scrum et plus largement en agilité, c’est l’équipe qui s’auto-organise, donc si celle-ci s’est mise d’accord pour « sanctionner » gentiment les retardataires, alors personne ne pourra être surpris de son sort.

      D’ailleurs, arriver en retard pour partager « volontairement » un petit déjeuner d’équipe peut être sympa (mais pas à faire tous les jours non plus haha).

      Sinon, il y a tant de choses à lire sur l’agilité et Scrum en particulier ! Pour partir de la base, rien de mieux que de commencer par la bible, le Guide Scrum : http://www.scrumguides.org/docs/scrumguide/v1/Scrum-Guide-FR.pdf
      Sinon en vidéo c’est pas mal aussi :
      https://www.youtube.com/watch?v=TRcReyRYIMg

      N’hésite pas à me dire ce que tu en penses, je suis vraiment curieux de voir comment ça peut s’appliquer ailleurs 🙂

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